6 actions concretes

Pour évoluer dans ma relation avec Mya, j’ai mis en place six actions très concrètes.

La première action

Après avoir lu le livre “ La Méthode Tellington TTouch®” de Linda Tellington-Jones, je me suis focalisée sur la modifications de mes pensées négatives, en des pensées positives.

En effet, dans ma tête, les pensées négatives tournaient en boucle, surtout lors des promenades, car c’était le moment où Mya était ingérable.
Des pensées comme “Comme tu es chiante”, “Tu m’épuises”, “Tu me fais trop mal”, “Je n’ai plus envie de te sortir”, “J’ai peur de toi”, “Je n’ai aucun plaisir à te promener”, “Je n’ai pas confiance en toi”…. etc….

Chaque jours, j’ai écris des actes positifs qu’avait fait Mya dans la journée. Tous les matins, je me réveillais, et répétais à voix haute que: Mya allait être calme et à l’écoute. Que j’allais moi-même être calme et positive….
Les premiers jours, c’est difficile, car les pensées négatives sont quand même présentes. Alors je les accueillais. J’acceptais que j’avais eu une pensée négative. Et je lui disais que ce n’était pas ce que je souhaitais à présent et la laissais repartir.
Je me concentrais à visualiser comment je souhaitais que Mya se comporte.

J’ai fonctionné ainsi durant quelques semaines, d’être vraiment consciente de ce que je vivais en moi. Et devinez quoi? Moins j’avais de pensées négatives, et plus Mya était calme, elle devenait le chien que je me mentalisais.

La deuxième action

a été d’apprendre et comprendre comment fonctionne la méthode d’éducation positive.
J’ai toujours éduqué mes chiens sans trop de méthode, avec un chien facile, ça va tout seul. Mais avec un chien qui pose quelques soucis, je me dois d’être hyper au clair sur ma méthode d’éducation.
La moindre faille, et le chien s’engouffre dedans. Je me suis vite rendue compte qu’être “autoritaire” avec Mya, me mènerait droit dans le mur. Ou si je me fâchais… elle qui est si sensible… ça ne lui permettait absolument pas d’apprendre et de se sentir en sécurité. J’ai fini par comprendre que gronder un chien…. ca génère juste du stress, et ils n’apprennent rien du tout.

La méthode d’éducation positive c’est tout d’abord un état d’esprit. Le but de la méthode est de renforcer tous les bons comportements que nous souhaitons que notre chien fasse.

Les 4 quadrants du conditionnement opérant

En éducation positive, seul le renforcement positif et la punition négative sont utilisés. Je fais une petite parenthèse sur “punition négative”, car j’ai mis un moment à comprendre ce que cela voulait dire. Cela veut dire que l’on RETIRE quelque chose au chien qui lui fait plaisir. Ce n’est pas la notion de bien ou de mal qu’il faut comprendre, mais bien ajouter ou soustraire quelque chose au chien pour qu’il comprenne et apprenne ce que l’on attend de lui.

Dans le cadre de l’image que j’ai mis, tant que le chien marche poliment sans tirer, on le récompense, et s’il tire on lui RETIRE la possibilité d’avancer. Avec le temps il va comprendre que s’il tire, bah… on avance plus. Et comme il veut avancer, il apprendra que marcher poliment lui apporte plus de plaisir que d’être immobile.
Je vous explique en très très gros, car je ne suis pas éducatrice canine. C’est une méthode qui fonctionne vraiment, mais elle demande beaucoup de rigueur, il faut être cohérant.

Car si un jour on fait éducation positive, et que le lendemain on est épuisé et on donne des gros gros coups de laisse à son chien sur le collier ( ce qui serait une punition positif, c’est à dire qu’on ajoute quelque chose) Le chien devient complètement perdu et perd complètement confiance en son maitre.  

Le but de l’éducation positive est d’offrir un cadre de vie, un apprentissage cohérant, harmonieux, positif, clair, sans contrainte ni peur. Cela ne veut pas dire qu’il faut être permissif et tout laisser faire…. Attention, positif ne veut pas dire permissif.  

La troisième action

a été l’apprentissage du clicker et sa mise en pratique. Depuis l’adoption de Mya, la marche en laisse était quelque chose qui me posait un réel problème car elle tirait sans cesse.
J’ai essayé plusieurs façon de faire pour lui apprendre à ne plus tirer…. mais rien de bien concluant.
J’ai essayé de la récompenser à chaque pas qu’elle faisait sans tirer et de m’arrêter dès qu’elle tirait, mais nous n’avancions que très lentement et ça la frustrait énormément. Ensuite j’espaçais, une friandise tous les 3 pas sans tirer, ça a pas trop mal fonctionné, mais la marche en laisse n’était pas acquise.
J’ai utilisé aussi un harnais, le animalin. Il m’a beaucoup aidé, mais c’est juste un outil, il ne sert à rien si derrière on ne travaille pas. Sur certain chien, l’effet de l’anneau devant est peut etre suffisant, mais pas pour Mya.
Je vous l’avoue, j’ai aussi essayé de lui donner des coups de sonnette sur le collier, mais ca ne fonctionne absolument pas. Ca fait peur à Mya, et elle n’apprend rien du tout à part  me craindre et ce n’est absolument pas mon souhait.

J’avais entendu parler de ce fameux clicker, mais je trouvais que “conditionner” un chien, c’est vraiment stupide… qu’il n’apprend pas par lui même, blaa bliii blaa blaaa……Mais lorsqu’on ignore comment fonctionne une méthode…. et qu’on la juge sans même savoir ce que c’est réellement on se prive d’apprendre, on se prive de faire des découvertes qui finalement ne correspondent absolument pas à ce que l’on croyait….  Un jour, je suis arrivée à un tel stade d’épuisement et de douleur que je me suis dis que je n’avais plus rien à perdre en essayant le clicker.
Je me suis donc un peu renseignée sur la façon de procéder avec le clicker et je me suis lancée. Et j’ai été bluffé! Vraiment ! Car le clicker aide Mya à se poser. Il la canalise et l’aide à se concentrer.
En quelques promenades, j’ai pu apprendre à Mya ce que j’attendais d’elle…. alors que ca faisait des mois et des mois que je faisais la même chose, mais sans le clicker… Mais ça n’avait pas le même impact.
J’ai fonctionné de la même manière, dès qu’elle marchait poliment je clickais et la récompensais. Si elle tirait je m’arrêtais. J’ai pu très rapidement pu espacer les click et les récompenses en marche polie.
Actuellement, sur nos balades habituelles, sans excitation et sans distraction énorme, Mya peut marcher poliment sans que j’ai à lui dire quoi que ce soit.
Pour moi, la marche polie c’est la marche en laisse sans tirer, sans être au pied. La marche au pied c’est un autre apprentissage.

La quatrième action

a été de travailler sur la confiance. Car lors de nos balades, lorsque nous croisions un chien dans la rue, Mya devenait super réactive, elle me faisait peur et je n’avais aucune confiance en elle.
Ou lorsque je la promènait détachée, et que l’on rencontrait des autres chiens, elle avait tendance à systématiquement hérisser le poils et à montrer les dents…. Franchement y a de quoi filer la pétoche et au début je ne lui faisais absolument pas confiance et j’avais peur qu’elle fasse du mal à l’autre chien.
Je n’avais pas confiance lorsque nous rencontrions des personnes car souvent elle leur sautait dessus de joie, pour leur dire bonjour…
Je n’avais pas confiance de la lâcher dans des balades inconnues… je n’osais la lâcher qu’à un seul endroit, qui supposait de prendre la voiture à chaque fois.

Ca fait déjà un bon nombre de petite chose pour lesquelles je n’avais pas confiance… La seule chose pour laquelle j’avais parfaitement confiance en elle, c’est son amour pour la balle…. (bon pas contre un lapin, à la tombée de la nuit, un soir elle a préféré suivre le lapin et je l’ai perdu de vue durant 45 minutes dans la forêt, la nuit qui tombe, sans lampe de poche et un téléphone presque sans batterie… je n’ai pas fait la maligne ce soir là et ça m’a mis encore plus un coup dans la mince confiance que j’avais.)

Toutes ces situations ont une seule et même solution L’ANTICIPATION.

Grâce à la méthode d’éducation positive, j’ai appris qu’il ne fallait jamais mettre un chien en échec, de le mettre dans une situation inconfortable qui lui génèrerait un comportement qui nous dérange.
J’ai donc du apprendre à scanner mon environnement, à être sans cesse attentive aux gens qui arrivent vers nous, à l’attitude de Mya qui se modifie et dans ce cas, il faut immédiatement comprendre ce qu’elle a vu, sinon c’est trop tard, elle est déjà en situation inconfortable. 

Plus j’anticipe, et moins nous vivons des situations à “problèmes”. Nous restons donc dans une zone de confort et je peux récompenser Mya dans une attitude que j’estime bonne. 

Contre conditionnement et sensibilisation

Au fils du temps, Mya ne vivant plus des situations déplaisantes, qui la mettait en stress ou en sur-joie, son état émotionnel s’est stabilisé. Et progressivement ses comportements indésirables se sont atténués. Il y a encore des rechutes, rien n’est jamais parfait, et je pense que nous serons en “travail” toute sa vie.
En voyant son comportement changer, en apprenant à l’observer et à comprendre comment elle fonctionne, j’ai progressivement pu me détendre. Je ne saurais pas dire si aujourd’hui je lui fais entièrement confiance, car nous avons encore du travail, mais je sais que nous avons parcouru un sacré chemin et que je suis au tout début du travail de confiance.

J’ai pris confiance en moi aussi car je sais maintenant comment je dois me comporter et réagir, par rapport a elle. C’est un tout. Plus nous travaillons notre relation, plus le lien se crée, plus elle sait que je vais la laisser en “sécurité” et plus nous progressons ensemble.
En réussissant dans des situations qui avant posaient problèmes, cela me conforte et me rassure, c’est comme cela que la confiance se crée. En créant des situations positives, pour que tout se passe bien, mais il faut aussi se lancer une fois qu’on est assuré que tout va bien se passer.
En s’éloignant si la situation semble problématique, en récompensant la bonne attitude ou en rattachant le chien si on sent qu’il va partir loin.

Sur notre balade sans laisse habituelle, j’ai travaillé le “retour” et un jour, je me suis fichue un coup de pied aux fesses, et j’ai tenté de la lâcher sur une autre promenade. Les premières fois, je la lâchais juste quelques minutes, j’essayais de garder son attention, et progressivement j’ai rallongé le temps d’attention.
Je suis super fière d’avoir réussi à dépasser cette étape, car Mya a besoin de courir, et être en laisse ou en longe ce n’est pas une vie pour elle. J’ai pu faire des sorties en montagne, avec elle en libre, et juste la rappeler au pied lorsque nous croisons des gens… ça je peux vous dire que pour notre duo c’est une immense fierté!!

Je dois cependant encore rester en état “d’alerte” (mais sans aucun stress, juste être attentive à ce qui se passe autour de moi) afin que nos balades se passent le plus sereinement possible.

La cinquième action

a été de modifier mon emploi du temps afin de pouvoir consacrer une grande partie de la matinée à mes chiennes, et les promener en balade.
Lorsque j’ai eu Mya, je la sortais 30 minutes le matin en laisse, 30 minutes à midi, en laisse. Et le soir durant 1 heure voir plus, en libre.

Mais ça n’allait pas. Le matin j’étais stressée, il fallait faire vite, je n’étais pas du tout à même de lâcher prise et d’être sereine. Mya devait surement ressentir mon stress. Elle, elle était OK durant la balade, mais notre vie au quotidien n’était pas satisfaisante dans l’ensemble. Je sentais que Mya avait besoin d’un autre rythme, mais pour moi impossible de me lever encore plus tôt pour faire une balade plus longue le matin.
J’ai donc décidé de réduire mon activité professionnel 4 matins dans la semaine, ce qui me permet de vraiment bien les sortir le reste du temps. Et ainsi, je ne me réveille pas stressée le matin, à devoir faire vite vite vite. La balade dure le temps qu’il faut, il n’y a pas de timing minuté, et c’est vraiment plus confortable pour tout le monde.
J’ai bien conscience que peu de monde peut modifier son emploi du temps, mais il y a aussi d’autres solutions, comme faire appel à une aide extérieur pour promener le chien, ou le déposer en pension pour la journée… mais ça a un cout… ou alors se lever vraiment tôt le matin… Ca demande un sacrifice sur quelque chose, mais ça ne peut être que passager. Une aide, un tremplin pour améliorer la situation, et par la suite quand ça va mieux, il est toujours possible de re modifier la situation.

Et depuis, Mya est vraiment beaucoup mieux dans ses pattes et a fait des pas de géant dans son attitude à l’extérieur. Dans l’appartement, elle a toujours été super sage, aucun problème de ce coté. On sent juste lorsqu’elle n’a pas eu une belle balade, elle veut jouer avec Kayla.

La sixième action

C’est de vivre le moment présent. Lors de ma formation d’assistante socio-éducative, j’ai eu des cours sur la “pleine conscience”. En se connectant avec nous même dans le moment présent, nous pouvons analyser ce que nous sommes entrain de vivre, d’observer les émotions qui nous traversent et pouvoir agir et réagir en conséquence.

Par exemple, Mya me tire fortement pour renifler une odeur, généralement ca provoque en moi un état d’énervement et j’aurai tendance à vouloir la tirer sèchement en arrière pour qu’elle revienne à sa place.
En étant complètement en “pleine conscience” sur le moment de mon état d’énervement je peux tout de suite m’ajuster et NE PAS tirer sur la laisse pour la remettre à sa place.

Sinon, si je suis entrain de penser à ce que je vais préparer à manger pour le soir, ou préoccupée par un souci, Mya me tire, ca m’énerve, je la tire dans l’autre sens, et je n’aurais même pas conscience de ce qui s’est produit.
Et donc je lui ajoute une punition positive et je ne veux pas de ça.

Ou avec des enfants, souvent nous sommes fatigués, et les enfants ont tendance à justement venir nous chercher et nous épuiser encore plus jusqu’à ce que l’on se fâche.
Mais si on est conscient déjà:

1 : Que l’on est fatigue

2: Que ca génère un agacement en nous

3: Que l’on arrive à verbaliser que nous sommes fatigués et que nous avons besoin de calme,

4: Que l’on est capable de reconnaitre et accepter l’agacement qui monte en nous et qu’on est entrain de se faire embarquer dans une situation qui va se dégrader

Cela permet de prendre du recul, et soit de stopper notre action, soit demander une aide extérieur, etc….  avant que ça pète, qu’on se fâche.
Au quotidien, nous nous faisons embarquer par notre vie, sans même réfléchir à ce que nous vivons, sans prendre le temps d’analyser nos émotions, nos sentiments.

Avec Mya, j’ai fais ce job de la promener en étant pleinement dans le moment présent, cela m’aide beaucoup à être attentive à notre environnement, à ses postures corporelles,  et à être attentive à mes propres sentiments afin de pouvoir rester le plus neutre possible.
Car j’ai choisi de l’éduquer grâce à l’éducation positive, et parfois c’est très dur de ne pas réagir à chaud. La pleine conscience me permet de savoir ce que je vis, et d’adapter mes réactions en conséquence. Mais je ne suis pas parfaite et il y a des ratés. L’essentiel c’est d’en être conscient et de chercher à s’améliorer.

J’espère que ces 6 actions vous auront donné des pistes et n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire,

A bientôt,
Amélie

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2 Replies to “6 actions concretes”

  1. Bonjour
    Très bel article , je me suis tout à fais retrouvé, on se sent désemparé, j’ai même pensé à devoir me séparer de mon chien, puis, je me suis ressaisi, en me disant je vais y arriver, mais cela prends beaucoup de temps et demande énormément de patience
    Bonne continuation et bonne journée

    1. Merci, c’est rassurant de savoir que d’autres personnes vivent le même genre de difficultés et finissent par s’en sortir.
      Je sais que d’écrire m’aide beaucoup pour analyser ce que je vis, ça m’aide à prendre du recul face à la situation.

      Bonne continuation à vous,
      Amélie

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