perception et réalité;

Où comment nos sens nous jouent des tours…

La perception c’est quoi? C’est un mélange entre nos émotions, nos sentiments, nos expériences, notre savoir, nos sens, nos filtres.

Par exemple, je rentre dans mon appartement où il fait 20 degrés. Et moi je viens de dehors avec ma grosse veste et j’ai marché une heure avec mes chiennes. Ma perception du moment va être que je meurs de chaud.
Tandis que mon ami, installé sur le canapé avec son gros pull, se gèle les fesses.
Une fois que mon corps aura retrouvé un rythme normal, et se sera acclimaté au lieu je ne percevrai même plus s’il fait froid ou chaud. Juste une température normale.

La réalité c’est quoi? Il fait 20 degré dans l’appartement.

Ma perception avec ma grosse veste c’est qu’il fait trop chaud!
et 15 minutes après ma perception aura encore changé, il fera bon.
Pour certaine personne 20 degré il fera trop froid.

Avec les chiens c’est pareil. Nous vivons une situation et selon notre perception du moment on pense que c’est la réalité.
Mais peut être que pour une autre personne, elle percevra totalement autre chose, et donc pour elle, c’est une autre réalité.

Une de mes cliente a un chien qui aboie et tire sur la laisse lorsqu’il voit un autre chien. Ma cliente est persuadée que son chien est agressif et n’aime pas les autres chiens. “Il est méchant”.  C’est sa perception. En plus, ma cliente a peur des autres chiens.

Moi, lorsque je promène le chien, et qu’il aboie, je vois un chien qui a peur de l’autre chien et qui essaye de le faire fuir, je ne vois aucunement un chien agressif. Il exprime juste sa peur. 
Ma perception est différente, car je connais le langage des chiens, je sais interpréter leurs signaux, et fait la différence entre un chien qui a un comportement d’agression et un chien qui a peur.
Cela dit, un chien qui a peur peut aussi être agressif. Mais en l’occurrence dans ma situation ce n’est pas le cas. Car une fois que le chien renifle l’autre il se calme instantanément.

Imaginons que mon chien ait des comportements agressifs en laisse dans la rue lorsqu’il voit un autre chien.
Qu’est ce que je vais ressentir en bout de laisse face à mon chien qui grogne, qui hérisse le poils, qui montre les crocs, et qui surement tire sur la laisse et bien sur, n’écoute rien?
Quels émotions et sentiments peuvent me traverser?

Je sais que chez moi, je ressentirais de la peur, qui est une émotion. Je sais aussi que je ressentirai de la frustration, qui est un sentiment, car avoir un chien qui n’écoute rien, bah ça m’énerve.

Si j’ai très peur, j’aurai surement l’impression que ma chienne est vraiment très agressive, alors que si au contraire, j’arrive à rester calme, et pourtant dans la réalité la chienne a le même comportement, ma perception de la situation sera moins intense, et je percevrais ma chienne différemment.

Nos émotions prennent le contrôle sur notre raison, et sur notre capacité d’action et de réflexion.

Si je me laisse envahir par ma peur, et par ma frustration, comment vais-je réagir en situation d’agression?

-Probablement que je vais tirer sur la laisse, probablement je vais gueuler NON au chien, probablement je vais m’énerver.

Si je suis consciente que j’ai peur, et qu’une frustration est entrain de monter en moi, comment vais-je réagir?

– Je vais respirer un grand coup, je vais prendre conscience que mes mains deviennent un peu moite de peur, que mon rythme cardiaque s’accélère et je vais tenter de réfléchir à ce qu’il faudrait que je fasse pour calmer mon chien et reprendre le contrôle de la situation.

Il faut comprendre qu’un chien agressif, plus on le renforce en lui criant dessus, et en tirant la laisse, et plus il se renforcera dans son agressivité.
Nous devons donc apprendre à contrôler nos émotions, et à apprendre au chien un nouveau comportement acceptable. C’est un travail qui demande de long mois d’effort, ça prend énormément de temps et d’énergie.

En ayant conscience que nos émotions influencent énormément notre perception cela nous permet d’être plus attentif et de se questionner si je suis proche de la réalité, ou si au contraire je suis totalement à l’ouest.
Ce n’est pas toujours évident de comprendre que nos perceptions NE SONT PAS la réalité.

Posez vous la question, si ce que vous vivez est proche de la réalité, et comparez avec votre entourage comment eux perçoivent la situation.

L’Harmonie

Qu’est ce que l’harmonie?

Définition du Larousse : État des relations entre des personnes ou dans un groupe humain, qui résulte de l’accord des pensées, des sentiments, des volontés.

Les chiens ne sont pas des personnes, mais ce sont des êtres vivants, dotés d’émotions, d’envie, d’un caractère et tout autant de chose qui font de lui un être unique. Je considère que mes chiens font entièrement partis du groupe familial, dans lequel je recherche l’harmonie.

Vivre en harmonie avec son chien, voudrait donc dire que l’humain et son chien s’accordent parfaitement. Qu’ils sont sur la même longueur d’onde, qu’ils savent s’ajuster l’un à l’autre, qu’ils s’aiment et se respectent mutuellement.
L’harmonie est une question d’équilibre, où chacun doit trouver sa place, son rôle, vivre le moment présent et avoir la possibilité d’exprimer son être sans nuire à l’autre.

Mon chien Boby, était un Golden Retriever croisé Berger Blanc Suisse, un chien magnifique, il ne laissait personne indifférent tant par sa beauté que par son être. Il était doux, patient, généreux, coquin, joueur.
Nous avions une relation fusionnelle. Je vivais pour lui, il vivait pour moi. Nous avions atteint un niveau d’harmonie indéfinissable.
En un regard, nous nous comprenions, plus besoin de mot, ni de geste. Il était incroyable. Mon entourage me disait souvent, que Boby comprenait tout ce que je lui disais.
Je n’ai pas eu besoin de travailler sur notre relation, sur notre complicité, tout se faisait naturellement. Et plus les jours passaient et plus cette harmonie était présente et se ressentait autour de nous.

Parfois c’est très simple d’atteindre cette harmonie, sans même se rendre compte, sans avoir aucune attente dans la relation, et chacun s’accorde… Et d’autre fois, il est beaucoup plus difficile de vivre en harmonie avec son chien, car la vie nous réserve bien des surprises, et nous offre des situations pour nous faire progresser.

Lorsque nous adoptons un chiot ou un chien, nous avons des attentes, nous espérons qu’il sera comme ci ou comme cela… et nous ne sommes pas préparés à vivre autre chose que ce que nous imaginons ou connaissons.  Et c’est bien souvent là que le bât blesse, car le chien n’est pas comme nous voudrions qu’il soit et l’harmonie a du mal à venir.
A la place, nait parfois de la frustration, de l’énervement, de la colère, de la tristesse, de la crainte. Crainte de ne jamais arriver à vivre sereinement avec ce chien qui ne correspond pas à nos attentes.

Les chiens sont d’excellant révélateurs de personnalité. Ils viennent chercher au plus profond de nous nos failles. Je pense sincèrement que le chien n’est jamais en cause d’un défaut d’harmonie. Il vit le moment présent et cherche à satisfaire ses envies.  Je pense cela car j’ai l’occasion d’observer et de vivre au quotidien avec divers chiens, à commencer par les deux miennes Kayla et Mya.

Mya a eu deux familles d’accueil en France, la première famille vit dans Paris sans aucune possibilité de faire des promenades en libre et sans aucun jardin. Mya est une chienne très très très vive, qui a besoin de se dépenser énormément, qui était réactive en laisse. L’expérience de famille d’accueil s’est révélé être un enfer et Mya a du changer en urgence de famille.

La seconde famille d’accueil, vit à la campagne, entourée de champs, avec un jardin et plein plein de chien. Mya pouvait donc faire des balades sans jamais être mise en laisse, et je pense qu’elle était une chienne pleine de vie et sans aucune frustration, elle se plaisait dans cette famille, pour qui vivre avec Mya était un plaisir.

Et finalement Mya arrive chez moi, à l’époque j’avais un jardin, je me retrouve avec une chienne pleine d’énergie mais elle peut se défouler toute la journée au jardin à jouer avec ses copains chiens, elle reste agréable à vivre.
Les choses se sont gâtés lorsque j’ai du rendre mon jardin. Car soudainement Mya n’avait plus cette possibilité de jouer 5 à 6 heures par jour dehors, et a du se contenter de nos 2 petites heures de balades quotidienne… et là, les ennuis ont commencé.
Un jardin ne résout absolument pas les problèmes, mais clairement il est d’un grand secours, car il permet au chien de bouger beaucoup plus librement qu’en intérieur, et il ne remplace en rien les balades.
Je me suis donc retrouvée avec une chienne remplie d’énergie, incapable de se poser, d’être sans cesse en mouvement, intenable en laisse, qui réagit face aux autres chiens crescendo.
A chaque rencontre de chien dans la rue son attitude se détériorait. Je vous l’avoue elle m’a fait vivre un enfer certain jour. J’ai même fini par avoir peur de la sortir, peur qu’elle me fasse tomber, car elle m’a déplacé trois fois mon poignet en tirant très fort. J’ai beaucoup pleuré et je me sentais complètement incompétente et dépassée face à elle.
Aucune harmonie entre nous, clairement, aucune communication, j’avais beaucoup de mal à lui apprendre quoi que ce soit. Les apprentissages étaient presque impossible. Nous nous sommes enlisées dans un cercle vicieux, de frustration, colère, énervement, incompréhension. Certains jours, j’en suis arrivée à la détester tellement elle m’avait fait mal.
En réalité, ce n’est pas contre elle que je ressentais ces énergies négatives, mais bien contre MOI-MÊME.

Et pourtant, je l’ai voulu ma Mya, et il était hors de question d’envisager de la replacer. Le problème ce n’était pas ELLE, c’était MOI.
J’avais vécu une histoire incroyable avec Boby, j’étais encore en plein deuil lorsque Kayla et Mya sont arrivées et clairement j’avais des attentes impossible envers elle.
Je voulais qu’elles soit parfaites comme Boby l’était, je voulais cette complicité, cette relation tellement fusionnelle.
C’était à moi d’évoluer et de trouver un équilibre entre les sorties, les rencontres canines, les apprentissages, les temps de repos, les jeux et d’accepter mes chiennes juste pour qui elles sont, et non pas pour la relation que j’aurai voulu avoir avec elles.

Cette harmonie qui parfois est innée dans une relation, doit parfois se travailler, se gagner. C’est à nous humain d’accepter nos failles, de modifier nos pensées et nos comportements afin d’atteindre un chemin de vie plus paisible.

Et toute la raison de mon blog est là… comment atteindre ce chemin de vie paisible et harmonieux?

Et vous? Quelle relation avez-vous avec votre chien?
Vous pouvez me répondre dans les commentaires

Amélie